Le 9 septembre 2026, ECEP51 était à Bruxelles aux côtés de délégations venues de 17 pays européens à l’occasion du rassemblement « Stop Green Greed », organisé par EU CHARADE devant le Parlement européen.
Cette journée de mobilisation, de témoignages et de débats était consacrée aux conséquences économiques, environnementales et territoriales attribuées par les participants au développement industriel de l’éolien et du solaire en Europe.
Une mobilisation européenne au cœur du quartier des institutions
C’est place du Luxembourg, face au Parlement européen, que citoyens, associations et collectifs se sont réunis le mercredi 9 septembre.
Selon le bilan publié par le Réseau Énergies Terre & Mer (RETM), 30 délégations représentant 17 pays et plus de 250 citoyens et participants européens ont pris part à l’événement. Le programme officiel recense quant à lui 27 prises de parole.
Belgique, France, Allemagne, Norvège, Italie, Espagne, Pays-Bas, Slovénie, Estonie, Lettonie, Croatie, Danemark, Suède, Irlande, Slovaquie, République tchèque… Malgré des situations énergétiques, géographiques et territoriales très différentes, les témoignages présentés à Bruxelles ont fait apparaître plusieurs préoccupations communes.
ECEP51 avait fait le déplacement depuis la Champagne pour participer à cette mobilisation européenne et rappeler un message que nous défendons depuis plusieurs années :
La nécessaire décarbonation de nos sociétés ne doit pas conduire à sacrifier nos campagnes, nos paysages, notre biodiversité, notre patrimoine et notre cadre de vie.
Protéger le climat, oui. Protéger aussi nos campagnes, nos littoraux et notre patrimoine.

Des réalités locales différentes, mais des interrogations communes
La matinée a donné la parole aux différentes délégations européennes.
De la campagne wallonne aux fjords norvégiens, de la Forêt-Noire aux territoires ruraux espagnols et italiens, en passant par les côtes françaises, les intervenants ont présenté les transformations qu’ils associent au développement de grandes infrastructures éoliennes et photovoltaïques.
Participation citoyenne et coût complet de l’électricité
Jeanine Evrard, cofondatrice d’EU CHARADE, a notamment évoqué la succession de projets revenant sous des formes modifiées après des oppositions locales. Elle a demandé que les refus exprimés par les populations soient davantage pris en considération.
Son intervention a également porté sur la question du coût complet de l’électricité, au-delà du seul coût de production : réseaux, stockage, capacités de secours et mécanismes de soutien figurent notamment parmi les éléments à prendre en compte.
Pour la France, Pierre-Emmanuel Picard a consacré son intervention au débat autour de la « désinformation ». Il a défendu le droit des associations et des citoyens à contester les politiques énergétiques et à demander davantage de transparence, en faisant notamment référence à la Convention d’Aarhus et au droit de participation du public aux décisions environnementales.
Il a parallèlement condamné explicitement la violence ainsi que les allégations sanitaires infondées.
Cette distinction entre opposition argumentée, témoignage local et affirmation factuelle constitue un point important de la journée. Le recueil des discours comporte d’ailleurs, pour certaines interventions, des indications permettant de distinguer les faits documentés, les témoignages et les opinions exprimées par les orateurs.
Paysages et biodiversité : des préoccupations partagées à travers l’Europe
La question des paysages et de la biodiversité a occupé une place importante dans les témoignages.
Le Norvégien Eivind Salen a évoqué les transformations de certains paysages côtiers ainsi que le conflit de Fosen, qui concerne des installations éoliennes et les droits des éleveurs de rennes samis. Il a notamment rappelé la décision rendue par la Cour suprême norvégienne en octobre 2021.
En Slovénie, Felicita Medved a défendu une approche associant protection du climat, respect des paysages et participation effective des communautés locales. Elle a notamment appelé à des évaluations indépendantes prenant en compte les dimensions environnementales, sanitaires, sociales et économiques des projets, ainsi que leurs effets cumulés.
Depuis la Forêt-Noire allemande, Klemens Schmiederer a insisté sur la protection des forêts, de l’eau, de la biodiversité et des paysages, qui constituent également une ressource importante pour le tourisme et l’économie locale.
La délégation française et la question du coût complet de l’électricité
La délégation française était également représentée lors de cette journée.
Nicolas Bour, porte-parole du Réseau Énergies Terre & Mer, a présenté l’approche défendue par RETM : ne pas analyser uniquement le coût de production d’un mégawattheure, mais prendre en considération le coût global du système électrique.
Cette approche inclut notamment la production, le raccordement, l’adaptation et la stabilité du réseau, les mécanismes de soutien ainsi que certains coûts externes.
RETM appelle ainsi les institutions européennes à soumettre les politiques et investissements énergétiques à des analyses socio-économiques indépendantes fondées sur des coûts complets, en intégrant également leurs conséquences potentielles sur l’agriculture, la pêche, le tourisme, le patrimoine et le cadre de vie.
Le réseau indique aujourd’hui rassembler des associations et collectifs présents dans de nombreux territoires français et travailler notamment sur les coûts de l’énergie, la souveraineté énergétique, l’environnement et le patrimoine.
À lire également : le compte rendu du 9 septembre publié par RETM.
L’éolien en mer également au cœur des échanges
La mobilisation ne portait pas uniquement sur l’éolien terrestre.
Sébastien Geoltrain a consacré son intervention au développement de l’éolien en mer en France et aux interrogations relatives à ses effets cumulés sur les écosystèmes marins et les territoires littoraux.
Il a notamment évoqué différents travaux et alertes d’organismes scientifiques français et appelé à une meilleure prise en compte des impacts cumulés des projets.
Pour ECEP51, cette dimension est essentielle : la protection des territoires ne s’arrête pas aux limites des campagnes. Elle concerne également les forêts, les espaces agricoles, les paysages remarquables et les littoraux européens.
L’après-midi : des interventions pour approfondir le débat
Après le rassemblement place du Luxembourg, la journée s’est poursuivie par une conférence consacrée aux politiques énergétiques européennes et à leurs conséquences économiques, environnementales et sanitaires.
Selon le compte rendu de RETM, les échanges ont notamment abordé :
- le coût complet de l’électricité ;
- les conséquences paysagères des installations industrielles ;
- les ressources minérales nécessaires aux infrastructures énergétiques ;
- les questions sanitaires liées au bruit et aux infrasons.
Cette conférence a permis de prolonger les témoignages de la matinée par des présentations davantage orientées vers les aspects techniques et économiques.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la conférence du 9 septembre 2026 :
27 discours et 17 pays : une parole européenne à découvrir
Au-delà des slogans et des pancartes, l’intérêt de cette journée réside également dans la diversité des expériences présentées.
Les 27 interventions prononcées à Bruxelles ont été rassemblées dans un document permettant de retrouver les témoignages et arguments des différentes délégations.
Les sujets abordés dépassent largement la seule question de l’éolien. Démocratie locale, participation citoyenne, coûts de l’électricité, réseaux, biodiversité, paysages, patrimoine, agriculture, littoral, santé et souveraineté énergétique figurent parmi les thèmes récurrents.
Nous mettons ce recueil à la disposition des lecteurs afin que chacun puisse prendre connaissance des arguments présentés et se faire sa propre opinion.
[Télécharger les 27 discours – Bruxelles, 9 septembre 2026]
Pour ECEP51 : décarboner sans sacrifier les territoires
Notre présence à Bruxelles avait également pour objectif de porter la voix des associations locales.
Depuis la Champagne, nous constatons directement les conséquences de l’accumulation des projets industriels dans les territoires ruraux. Nous considérons que les politiques énergétiques doivent pouvoir être débattues sur la base de leurs résultats, de leurs coûts complets et de leurs impacts environnementaux et territoriaux.
La protection du climat et la protection de la nature ne devraient pas être présentées comme des objectifs nécessairement contradictoires.
La décarbonation est nécessaire. Mais elle doit aussi préserver la biodiversité, les paysages, le patrimoine, les terres agricoles et le cadre de vie.
Le 9 septembre 2026, des citoyens et représentants associatifs venus de 17 pays européens se sont réunis à Bruxelles pour faire entendre ces préoccupations au cœur du quartier des institutions européennes.
Pour ECEP51, le message reste simple :
PROTECT THE CLIMATE. PROTECT OUR COUNTRYSIDE TOO.
Protégeons le climat. Protégeons aussi nos campagnes, nos littoraux et notre patrimoine.
